SUPERFLUX

Solo   55 min.
Création mars 2011 | Théâtre Arsenic Lausanne
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Photo : Virginie Otth

Superflux est une allégorie du grand flux tourbillonnant de la vie qui nous propulse sur notre propre trajectoire.
 
Guidé par le superflu, le voyage doit pourtant nous amener à l’essentiel en prenant des chemins détournés.
Superflux is an allegory of the great swirling flow of life that propels us on our own trajectory. 

Guided by the superfluous, the journey must nevertheless lead to the essential by taking different twists and turns.

Quelques 850 tours sur soi en continu
Une chorégraphie radicale et poétique

Affublé d’un fragile costume en papier, le danseur devient une figure de rêve, une figure qui rêve, un peu surréaliste. En quête de sensations, s’enfermant dans un carrousel de jouissance, elle se prend à son propre piège. Son sentiment euphorique de liberté sans limites exigera le renouvellement sans fin de sa vaine satisfaction. Ainsi, en tournant sur elle-même, elle tournera littéralement en rond, faisant de chaque révolution une nouvelle illusion.

Telle une comète, cette figure oriente sa trajectoire elliptique autour d’un objet prenant la place d’un partenaire. Cet autre, qu’elle aime à rêver identique à soi, en détestant rencontrer sa différence, est le révélateur d’elle-même avec qui elle a dansé sa vie et façonné son histoire.

Préférant le rêve à la réalité, elle finit par s’en débarrasser et par se dissoudre elle-même dans les ténèbres de l’indifférenciation.

Some 850 continuous turns on its axis
A radical and poetic choreography

Wrapped in a fragile paper costume, the dancer becomes a dream figure, a figure that dreams, a bit surrealistic. In search of sensations, locked in a merry-go-round of self-enjoyment, she is caught in her own trap. Her euphoric feeling of limitless freedom will demand the endless renewal of her vain satisfaction. Thus, turning on herself, she will literally go round and round, making each revolution a new illusion.

Like a comet, this figure orients her elliptical trajectory around an object taking the place of a partner. This other, whom she likes to dream identical to herself, while hating to meet his difference, is the revealer of herself with whom she danced her life and shaped her history.

Preferring the dream to reality, she ends up getting rid of it and dissolving herself in the darkness of indifferentiation.

Une inversion révolutionnaire

Le tour sur soi-même est la figure la plus significative de la danse. On ne le pratique nulle part ailleurs, car il ne sert qu’à danser.
C’est le moment de grâce où la maîtrise parfaite s’abandonne au laisser-faire, l’exception qui ne surgit que ponctuellement au sommet d’une ascension, comme une transcendance.

Superflux renverse cet ordre des choses en faisant du tour non plus une exception sublime, mais une règle générale. Le moment libérateur devient ici une contrainte permanente.

Cette inversion est représentative de l’inversion faite par la modernité, selon laquelle la liberté et l’identité seraient données par un état naturel renvoyant chacun à soi-même, et non plus par une relation à l’autre et à la culture.

Dès lors que l’altérité n’est plus constitutive de l’identité, l’autre n’est plus nécessaire et devient une entrave à la liberté individuelle. Il n’est au mieux qu’un objet de consommation à utiliser. Et l’altérité n’est plus constitutive de soi en tant que révélatrice de qui nous sommes.

A revolutionary inversion

The turn on its axis is the most significant figure in dance. It is not practised anywhere else, because it is only used for dancing.
It is the moment of grace when perfect control surrenders to laisser-faire, the exception which only appears occasionally at the top of an ascent, like a transcendence.

Superflux reverses this order of things by making the turn no longer a sublime exception, but a general rule. The liberating moment becomes a permanent constraint.

This inversion is representative of the inversion made by modernity, where freedom and identity are given by a natural state referring each one to one’s own self, and no longer by a relation to others and to culture.

As soon as otherness is no longer constitutive of identity, others are no longer necessary and become an obstacle to individual freedom. They are at best only consumable objects to be used. The difference of others is no longer constituent of the self as revealer of who we are.

Chorégraphie | danse
Dramaturgie
Assistante
Musiques
Costume

Jean-Marc Heim
Joclécio Azevedo
Yasmine Hugonnet
Mozart, Michael Nick, Bizet
Scilla Illardo, Jean-Marc Heim

Théâtre Arsenic Lausanne
Théâtre de Vidy Lausanne
Brotfabrik Bonn

9 mars – 8 avril 2011
3 septembre 2011
26 janvier 2013

Soutien
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