Superflux

mars 31, 2011

Solo   55 min.
Création mars 2011 | Théâtre Arsenic Lausanne

Fait d’environ 850 tours sur soi en continu


Photo : Virginie Otth

English
Superflux is an inside journey exploring different states of the relation between oneself and some expected other one. The path will be whirling by a constant flow, taking sometimes superfluous turnarounds to reach the central matter.
Proposing a circular dance, exclusively made out of turns, the choreographic choice is radical and poetic.
Like in a merry-go-round, in search of pure pleasure, the character will be trapped in his enjoyment mind. The euphoria of total freedom leads to a vain satisfaction which has to be renewed again and again. So the path might go round in circles…
Making a new illusion out of each turn, this lonely figure will deal with a partner : an empty paper bag, representing literally the place of others.
Thanks to his bag, sometimes felt as a burden, he will find the supports to build an identity, to invent a dance, appearing to be a duet with himself.
A way that goes through the other as a prerequisite to find oneself.

Français
Pensé comme un voyage tourbillonnant qui traverse différentes étapes de la relation à l’autre – étapes constitutives de soi-même, Superflux est une trajectoire, stimulée par le grand flux de la vie et guidée par le superflu qu’on peut y mettre. Il renvoie à un essentiel à découvrir par des chemins parfois détournés.

En proposant une danse circulaire, faite exclusivement de tours, Superflux pose un choix chorégraphique radical et poétique.

Affublé d’un fragile costume en papier, le danseur devient une figure de rêve, une figure qui rêve, un peu surréaliste. En quête de sensations, s’enfermant dans un carrousel de jouissance, elle se prend à son propre piège. Son sentiment euphorique de liberté sans limites exigera le renouvellement sans fin de sa vaine satisfaction. Ainsi, en tournant sur elle-même, elle tournera littéralement en rond…

Faisant de chaque révolution une nouvelle illusion, cette figure solitaire est accompagnée d’un objet qui prendra la place d’un partenaire absent. C’est pourtant grâce à l’encombrement de cet « autre », malgré ses vaines tentatives de s’en débarrasser, qu’elle inventera sa danse comme un duo avec elle-même.

Une danse révolutionnaire

Le tour sur soi-même est la figure la plus significative de la danse. On ne le pratique nulle part ailleurs, car il est totalement inutile pour autre chose qu’à danser.
Dans la danse elle-même, il a une place privilégiée : c’est un moment de grâce, un abandon maîtrisé, une libération courte et passagère des lois de la pesanteur. Plutôt l’exception donc, telle la cerise sur le gâteau, qui ne surgit que ponctuellement comme le sommet d’une ascension, ou l’accès à une transcendance.
Superflux renverse cette situation en faisant du tour non plus un sommet à atteindre, mais la règle de base de sa danse. Le moment d’exception libérateur devient ici une contrainte permanente.
Cette inversion est pensée comme le symbole d’un tournant de notre époque qui a vu les rapports sociaux et la constitution de l’individu se modifier de façon signifiante. Lorsque la liberté est donnée d’emblée comme un état naturel qui renvoie chacun à soi-même, seul responsable de son bonheur, la prise en compte de l’autre n’apparaît plus nécessaire. Comment s’y prendre dans un contexte où la jouissance immédiate n’a donc plus de limites?
Pourquoi manger tout le gâteau quand on peut goûter que les cerises?

Superflux explore le rôle de la limite dans l’émergence d’une liberté créative.

chorégraphie          Jean-Marc Heim
dramaturgie           Joclécio Azevedo
danse                     Jean-Marc Heim
assistante              Yasmine Hugonnet
lumière                  Laurent Magnin
bande son              Michael Nick
costume                 Scilla Illardo

soutiens                 Ville de Lausanne | Canton de Vaud | Loterie Romande | Fondation Pro Scientia et Arte

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